Nicolas ou Ségolène ?

Dimanche 22 Avril 2007, les résultats de l’élection présidentielle tombent : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal seront au deuxième tour.
J’entendais un électeur « déçu » de François Bayrou dire : « Choisir entre la peste et le choléra ce sera difficile ». Ca peut prêter à sourire mais cela traduit tout de même une amertume : près de 19% des français qui ont voté pour François Bayrou doivent reporter (ou non) leur voix. Et ce sera difficile.
Plus les commentaires passent, plus les sondages tombent et plus je me dis que, de toute façon, au fond, rien ne changera vraiment. En tout cas, pas durant ce quinquennat. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas sûr que ni l’un, ni l’autre n’aura le courage de faire des réformes profondes (et qui, de toute façon ne se feront pas sans douleur ni grogne). A titre d’exemple, je ne vois pas comment on peut faire une vraie réforme des retraites sans que chacun y mette du sien (notamment régimes spéciaux), idée qui scandalise une partie de l’électorat de gauche. D’un autre côté, préserver une partie des services publics qui sont nécessaires ou encore certains acquis sociaux sans mettre en colère une partie de l’électorat de droite. Sans parler, bien évidemment, de la réforme de nos systèmes éducatifs (de la maternelle au supérieur), de santé ou encore notre système judiciaire. On a également le « tout répressif » face au « tout préventif », rares sont les prises de position qui soient « justes ». Petit exemple : pourquoi dépenser tant d’argent dans la mise en place des radars automatique sur certaines portions d’autoroute (parce que la société qui fournit ces radars est dirigé par le frère de Nicolas Sarkozy ?) et ne pas, au contraire, investir une partie de cette argent dans la sécurisation des cités ? Sans vouloir créer de polémique, il me semble que mettre des radars, c’est rentable, assurer la sécurité ça l’est moins… au moins du point de vue de certains qui ont le pouvoir. Ensuite, on nous parle d’égalité, de mettre les gens au travail parce que c’est plein de paresseux, que les jeunes ne sont pas mobiles, et tout le bazar. Personnellement, on m’a refusé un poste d’ATER parce que je n’étais pas dans les petits papiers de M. le Doyen et qui a des relations, un autre poste d’assistant de recherche à Paris parce que je n’étais pas sur place (alors que j’étais prêt à faire les trajets toutes les semaines de Marseille, mais ça n’a pas suffit) et en ce moment je ne touche pas un rond alors que je crois que je bosse quand même un peu. Et à côté, certains, ne font rien et touchent de l’argent et plus le temps passe, moins je commence à le supporter. Je ne comprends pas que l’Etat investisse autant d’argent dans l’éducation, que l’on forme des ingénieurs, des docteurs pour qu’ils aillent faire la richesse d’autres pays. Un ami a récemment soutenu sa thèse, et on lui a proposé un petit post-doc en France. Il est donc parti au Etats-Unis avec un contrat plutôt sympathique de 3800 euros. C’est à se demander quand la France se décidera à réformer son système d’enseignement supérieur (j’en parlerai dans un autre billet).
Quoi qu’il en soit, quand je vois ce qui s’est passé pendant plus de 30 ans, je ne vois toujours pas comment les choses seront différentes demain. Je ne suis pas pessimiste, mais les deux ayant partagé les dorures de l’Etat, je vois mal comment ils vont diminuer leur train de vie.
Mais si quelqu’un a la solution, je suis preneur.


A propos de ce billet