Dis maman c’est quoi être français ?
Ce fut l’une des grandes questions de cette campagne. L’identité nationale. Très franchement, d’un point de vue purement personnel, cette question m’a bien fait rire. Pourquoi ? Non parce que je trouve la question stupide en soi, mais parce que la manière dont elle est traitée me laisse perplexe. On ressort les « symboles de la république » à toutes les sauces comme notre devise nationale qui est, la plupart du temps bafouée par nos propres responsables politiques : pourquoi tant de gens doivent payer le prix fort pour leur repas quand certains responsables se font rembourser TOUS leurs frais de bouche (par exemple) ? Là je ne vois pas bien l’égalité. Il y a tellement d’exemples que je préfère ne pas rentrer dans les détails. Aller, quand même juste un seul pour « le plaisir » : notre université n’a pas d’argent mais 30 voitures de fonction ! A cela vous ajoutez que les étudiants payent le prix d’un ticket de repas 2,80 euros alors que M. le doyen (qui dispose d’un appartement et d’une voiture de fonction) peut manger pour 10 euros (et franchement pas au restaurant universitaire) et se faire rembourser, aux frais du contribuable, je le précise quand même. Quelque part, être français, aujourd’hui c’est accepter ce genre d’inégalité. Mais je reviens à mon propos initial. Qu’est ce qu’être français ? Je vais prendre mon exemple personnel pour argumenter (c’est facile, mais c’est aussi ce que je maîtrise le mieux) ![]()
Je suis né en France de parents étrangers (entre temps, ils ont obtenu la nationalité française), dans un hôpital français (hôpital Bichat, Paris 18 pour être précis) et je crois savoir que c’est un médecin français qui m’a tapoté les fesses pour la première fois. J’ai fréquenté l’école française, reçu mon savoir de professeurs français, ma langue maternelle est le français, j’ai appris l’histoire de France et je reconnais le drapeau français dans la rue d’un seul coup d’œil. La littérature française est celle que qui m’est la moins étrangère (ce serait prétentieux d’en dire davantage tant celle-ci est riche). J’ai des diplômes français, j’ai obtenu des bourses de l’Etat français pour étudier et je prépare aujourd’hui un doctorat français et je donne des cours (en français) à l’université française. Cela peut paraître répétitif mais je crois qu’il est important d’insister là-dessus. Après avoir évoqué tout cela, je vois mal comment on peut me poser la question « es tu français ? » Même si je suis un peu bronzé de part mes origines (mauriciennes), il m’est difficile de dire que je ne suis pas français. Je ne renie en rien mes origines (j’en suis plutôt fier), mais ce n’est pas pour autant que je vais aller crier sur tous les toits cet aspect, je pense qu’il y a plus important. J’invite donc les candidats à se pencher sur ces quelques aspects simples, plutôt que de brandir des arguments qui ne parlent à personne. Enfin, être français c’est un peu comme se sentir « amoureux ». On se sent ou pas, il n’y a pas de juste milieu. C’est à chacun de voir s’il se sent français ou non (à mon sens). Sans aller jusque « La France aimez la, ou quittez la », le minimum, serait quand même, de la respecter.
A propos de ce billet
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- Publié le :
- 24.04 à 17:53
- Catégorie:
- Politique et Société
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